Relier les points

Ce qu’on a ici, c’est un problème de communication. — Strother Martin (dans le rôle du capitaine) dans Luke la main froide

La fermeture des écoles imposée dans le cadre des efforts de confinement contre la COVID-19 a fait en sorte que ma femme et moi, ainsi que la plupart des parents, avons pu ajouter enseignant à notre CV. Parmi ses devoirs quotidiens, ma fille de cinq ans fait une activité où elle relie les points, en suivant l’ordre numérique, pour créer une image.

Je vous parle de cette activité parce qu’elle explique simplement ce que fait notre équipe. Nous prenons de nombreux points de données et éléments d’information pour brosser un tableau de ce à quoi pourraient ressembler, à notre avis, les marchés des actions et des titres à revenu fixe.

L’un de ces points de données auxquels nous accordons une attention particulière est l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI). Cet indice repose sur les résultats d’un relevé mensuel qui évalue la santé du secteur manufacturier dans divers pays. Ce relevé a pour mesure de référence 50; un taux supérieur à celle-ci indique donc une expansion, et un taux inférieur, une contraction. Cette mesure est un bon indicateur de la santé de l’économie et de l’orientation probable des bénéfices des sociétés.

Bien que différentes entreprises produisent des indices semblables, notre équipe en suit deux : IHS Markit et Institute for Supply Management (ISM). Markit produit des indices PMI pour de nombreux pays, tandis que l’ISM est propre aux États-Unis. Nous avons constaté un lien étroit entre l’ISM mensuel et la croissance des bénéfices sur 12 mois des sociétés composant l’indice S&P 500 (en décalage de 6 mois) depuis 1955. En termes simples, les données actuelles de l’indice PMI nous donnent une bonne idée de ce que sera la croissance des bénéfices des sociétés composant l’indice S&P 500 dans 6 mois.

Le résultat pour le mois de mars a été de 49,1, ce qui, selon nous, ne tient pas entièrement compte des répercussions de la COVID-19. Les données d’avril viennent d’être publiées, et le résultat était de 41,5, soit le niveau le plus bas depuis la crise financière. Un taux de 45 indique habituellement une récession. Le niveau actuel de l’indice PMI laisse présager que la croissance des bénéfices pourrait chuter de 20 % à 30 % durant les 6 prochains mois. Compte tenu des cours actuels, nous ne pensons pas que le marché a pleinement encaissé ce risque potentiel de baisse.

Ce graphique illustre l’étroite corrélation historique entre la croissance des bénéfices aux États-Unis et l’indice PMI de l’ISM, avec un décalage de six mois. Les données vont de 1996 au 31 mars 2020. À son niveau actuel de 41,5, l’indice PMI laisse présager que la croissance négative des bénéfices des sociétés composant l’indice S&P 500 se poursuivra sur les 6 prochains mois. Le recul des bénéfices pourrait atteindre des niveaux inégalés depuis la crise financière, soit près de -30 %.

Bien que ce recul ait été assez marqué, il est en fait pire qu’il paraît. L’indice PMI est composé de cinq éléments, pondérés également : les nouvelles commandes (désaisonnalisées), la production (désaisonnalisées), l’emploi (désaisonnalisées), les livraisons des fournisseurs (désaisonnalisées) et les stocks. L’un de ces éléments – les livraisons des fournisseurs – est inversé par rapport aux autres; ainsi, un nombre supérieur à 50 indique que les livraisons ont été plus lentes que la normale, ce qui est typique dans un contexte où l’économie s’améliore et la demande des clients augmente. Cependant, la hausse de cet indicateur en avril est principalement attribuable à des problèmes d’approvisionnement liés au coronavirus, et non à une augmentation de la demande. Dans ce contexte, le résultat élevé des livraisons des fournisseurs devrait être considéré comme négatif plutôt que positif. Si nous supprimons cette anomalie du calcul et n’utilisons que les quatre autres indicateurs, l’indice PMI atteint la note désastreuse de 32,9, ce qui laisse entrevoir une baisse plus marquée des bénéfices durant les 6 prochains mois.

Le deuxième graphique est presque identique au premier, à une différence près. Le point de données le plus récent a été modifié pour supprimer les livraisons des fournisseurs. Ainsi, le point de données à la fin du mois d’avril tombe maintenant à 32,9, au lieu de 41,5, ce qui suggère que les bénéfices pourraient être encore plus faibles que prévu.

Bien que les prévisions de bénéfices de l’indice S&P 500 suggèrent une baisse de seulement 15 % pour l’exercice 2020, l’indice PMI laisse entendre que ces données sont exagérément optimistes et qu’elles ne tiennent pas vraiment compte des conséquences de la fermeture sur les bénéfices des sociétés.

En reliant les points, le résultat semble être très différent. Même si nous pensons qu’il existe des occasions à l’échelle des entreprises, nous craignons que le marché dans son ensemble se soit éloigné des données fondamentales. Dans ce contexte, nous rappelons aux investisseurs que la répartition de l’actif est une cible mouvante et que nous devons continuer de la suivre.

Kevin Headland, CIM
Stratège principal des placements

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Philip Petursson

Philip Petursson, 

Stratège en chef des placements et chef, Recherche de placements, Marchés des capitaux

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Macan Nia

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